l'armée de l'air francaise

l'Armée de l'Air Francaise


    

L'armée de l'air a été créée en 1909 et est la plus vieille armée de l'air au monde. Elle est devenue indépendante en 1933, faisant suite à l'aéronautique militaire dépendant de l'Armée de terre. Pour autant, ses unités sont pour la plupart héritières des traditions (insignes...) des escadrilles de la Première Guerre mondiale où s'illustrèrent nombre d'aviateurs devenus célèbres.

C'est du 9 juin 1910 que sont datés les débuts de l'aviation militaire en France avec le premier raid effectué par les officiers Albert Féquant et Charles Marconet du camp de Châlons-sur-Marne à Vincennes à bord d'un Farman. L'armée se rend vite compte de l'intérêt de cette invention, et en 1911, le brevet de pilote militaire est créé.

Une loi du 29 mars 1912 consacre l'existence de l'aéronautique militaire, comme arme, aux côtés des quatre armes de tradition que constituent l'infanterie, la cavalerie, l'artillerie et le génie.

La Bataille de France de 1940 et l'engagement des aviateurs français libres (FAFL) de 1940 à 1943, puis de ceux de l'Armée de la Libération, sont également des épisodes marquants de l'Histoire de l'Armée de l'air.

À l’appel de juin 1940 du général de Gaulle pour continuer la lutte, certains Français ont répondu en restant sur place – et formé par la suite la Résistance – tandis que d'autres allaient principalement en Afrique du Nord, en Grande-Bretagne, en Union soviétique afin de continuer la lutte aux côtés des Alliés.

Néanmoins, la Grande-Bretagne constituait la plus importante base militaire et politique des forces aériennes, navales et terrestres « libres ». Des États-Unis venaient des volontaires en 1940 pour constituer la « Eagle Squadron » de la RAF, comme il y eut des escadrilles polonaises, tchèques, etc.

 Le Groupe de chasse « Normandie-Niemen » a été créé fin 1942 au Liban, sous le seul nom de « Normandie ». Il était constitué d'un groupe de pilotes de chasse et de mécaniciens français, tous volontaires, dont certains étaient originaires de la Normandie, envoyés en aide aux forces soviétiques sur le front de l'Est sur la suggestion du Général de Gaulle qui considérait comme important que des soldats français servissent sur tous les fronts de la guerre.

Le premier groupe fut constitué de quatorze pilotes et de cinquante-huit mécaniciens. Y étaient adjoints dix-sept mécaniciens soviétiques.

Après de longues négociations avec l’URSS, le groupe quitta la base aérienne de Rayak au Liban le 12 novembre 1942 afin de rejoindre la base aérienne d’Ivanovo (située à deux cent cinquante kilomètres au nord-est de Moscou), via l’Irak et l’Iran.

Le groupe fut engagé à partir du printemps 1943, dans la 1re armée aérienne soviétique, et s'illustra dans la bataille de Koursk-Orel au cours du mois de juillet. Son commandant Jean Tulasne et son adjoint Albert Littolff sont tués au cours de cette bataille. Le premier est remplacé par le colonel Pierre Pouyade et le second par le commandant Louis Delfino.

Joseph Staline attribua à l'unité le nom de Niémen le 21 juillet 1944 pour sa participation aux batailles du fleuve Niémen. L'unité recevra de nombreuses distinctions militaires, aussi bien soviétiques que françaises, et, fin 1944, les aviateurs du « Normandie-Niemen » seront les premiers Français à entrer militairement en Allemagne. Le 20 juin 1945, les aviateurs français retrouvent enfin la France en se posant au Bourget où ils sont accueillis en héros.

Le 20 octobre 1941, le général de Gaulle, qui avait le projet de former un groupe de chasse français en Angleterre, signe le décret portant la création du premier groupe qui sera intégré au sein de la Royal Air Force (RAF) sous le nom de Squadron 340.

Ses effectifs regroupent des pilotes et des mécaniciens des Forces aériennes françaises libres (FAFL) et des Forces navales françaises libres (FNFL). En novembre 1941, ce groupe de chasse « air-marine » voit le jour sur le terrain de Turnhouse, au sein du 13th Group du Fighter Command.

Le groupe de chasse « Ile de France », qui a perdu 38 pilotes, reçoit la Médaille militaire, et est honoré de la Croix de la Libération (décret du 28 mai 1945).

Il est cité quatre fois à l'ordre de l'armée aérienne et une fois à l'ordre des FAFL. De ses rangs sont issus 15 compagnons de la Libération.

Moins d'un an après l'armistice, le 15 mars 1941, est créé, en Egypte, à Ismaïlia, la Première Escadrille de Chasse (EFC1).

Ses pilotes sont parmi les premiers volontaires de la France libre. Sous le commandement du lieutenant James Denis, ils sont immédiatement affectés en Grèce, au Squadron 33 de la Royal Air Force. Equipés d’Hurricane, ils sont chargés de la défense d'Athènes.

Le 5 avril, l'escadrille repart pour Alexandrie. Là, elle est expédiée dans la fournaise de Tobrouk assiégée, au sein du Squadron 73. Du 9 au 15 avril, ces Français libres affrontent, à un contre dix, l'aviation ennemie. Mais ils tiennent le choc. En 80 missions, ils abattent douze avions.

Après le repli allié, l'escadrille, basée à Sidi-Hanish, se consacre surtout aux attaques au sol, et à la protection des convois en mer.

Le 21 juin 1941, la Première Escadrille de Chasse reçoit la Croix de la Libération, devenant ainsi la première unité militaire titulaire de cette prestigieuse décoration.

Le 28 août, la Première Escadrille part pour le Liban où elle est bientôt dissoute pour laisser place, début septembre 1941, au Groupe de Chasse « Alsace » qui se constitue dans la plaine de la Bekaa. Mécaniciens et pilotes arrivent d'Egypte et d'Angleterre, en provenance des quatre coins du monde.

C'est un mélange de personnel d'active, de réservistes, de volontaires. L'entraînement commence aussitôt. Le groupe, commandé par Jean Tulasne, est formé, avec un matériel disparate, des deux  escadrilles « Strasbourg » et « Mulhouse ».

Dans un premier temps, les pilotes sont affectés au convoyage des avions neufs. Après Bir Hakeim, en juin 1942, sous le commandement de Joseph Pouliquen, le groupe participe à la défense d'Alexandrie.

Dans les premiers jours de septembre 1942, décision est prise d'envoyer le groupe en Angleterre.

Fin janvier 1943, il est officiellement reformé en Ecosse, à Turnhouse, sous le nom de Squadron 341. Après entraînement, le groupe de chasse, sous les ordres du commandant Mouchotte, s'installe le 18 mars à Biggin Hill, au sud de Londres. Début avril, les missions sur la France débutent. Le groupe, équipé de Spitfire Mk IX, protège les bombardiers alliés et est en prise directe avec les chasseurs allemands. Les missions et les succès se suivent.

Le Groupe de Chasse est fait compagnon de la Libération le 28 mai 1945.

A la fin de la guerre, le groupe aura effectué plus de 9 000 heures d'opération, plus de 4 500 sorties dont 655 bombardements en piqué. La première escadrille et le groupe « Alsace » compteront 51 victoires confirmées, 16 probables, 27 navires cou lés et plus de 500 véhicules détruits au sol.

Le groupe aura perdu 21 de ses pilotes, soit l'équivalent de son effectif opérationnel.

Les Forces aériennes françaises libres (FAFL) virent officiellement le jour le 1er juillet 1940, lorsque apparut pour  la première fois le sigle FAFL dans un texte où le général de Gaulle confiait au vice-amiral Muselier « le commandement des forces maritimes françaises restées libres et provisoirement des forces aériennes » .

Le 11 juillet 1940, est créé le French Bomber Flight n° 1, placé sous le commandement du capitaine Ritoux-Lachaud à Aden (Yémen).

Le Groupe réservé de bombardement n° 1 (GRB 1) fut la première unité au sein des FAFL. Celle-ci fut créée le 24 décembre 1940 en Afrique équatoriale française I (AEF).

Affecté tout d'abord au soutien des troupes du colonel Leclerc, dans les opérations envisagées contre Koufra et Mourzouk (Libye) dans l'intention de protéger les territoires alliés d'une attaque italo-allemande surgissant de Tripolitaine, le Groupe obtient ses premiers succès mais ceux-ci se payent malheureusement très cher pendant l'expédition contre Koufra et le Groupe en est retiré à la limite de l'épuisement .

Quelques équipages iront renforcer les unités de la RAF qui viennent en aide aux troupes qui luttent contre les Italiens en Somalie, Ethiopie et Erythrée.

Le Groupe participe aux opérations d'Abyssinie à compter du 24 mars 1941.

L'unité qui a reçu de la RAF, le 1er avril 1941, un renfort de 6 Blenheim est mise à la disposition du 202 Group de la RAF et, à partir du terrain de Gordon's Tree, occupé le 28 avril, exécute une série de missions contre les positions italiennes en Abyssinie.

Le 10 avril 1945, le « Lorraine » se voit décerner la croix de la Libération avec comme dernière citation : « La croix de la Libération est décernée au Groupe de bombardement Lorraine, vétéran des Formations aériennes françaises libres, groupe légendaire qui, au prix de lourdes pertes, a glorieusement combattu pour l'honneur et la libération de la France... ».

A la veille du débarquement en Normandie, l'Armée de l'Air comptait : 
- 14 groupes de Chasse 
- 6 groupes de Bombardement 
- 1 groupe et 1 Escadrille de Reconnaissance 
- 3 groupes de Transport ou de Défense côtière 
- 1 unité autonomes de missions spéciales Plus 3 formations de parachutistes.

Toutes ces unités, équipées de matériel anglais ou américain et intégrées dans les forces, étaient entièrement dépendantes des alliés sur le plan opérationnel, l'Etat-major de l'Armée de l'Air n'exerçant la plupart du temps sur elles qu'un contrôle administratif. 

Cette situation va cependant évoluer à partir de septembre 1944, date à laquelle l'Etat-major de l'Armée de l'Air s'installe à Paris, libéré un mois avant. Le 28 octobre, Charles Tillon prend ses fonctions de Ministre de l'Air du gouvernement provisoire et le 1er décembre est créé le 1er Corps Aérien français, comprenant plusieurs escadres de Chasse et de Bombardement. 

Parallèlement, le 1er novembre 1944, sont créées les Forces Aériennes de l'Atlantique avec de nouvelles unités issues des groupes F.F.I., et dont la mission consiste à réduire les poches de résistance allemandes subsistant sur la cote atlantique.

Depuis 1945, l'armée de l'air a notamment été engagée en Indochine (1945-1954), à Suez (1956), en Algérie (1952-1962), en Mauritanie et au Tchad, dans le golfe Persique (1990-1991), en ex-Yougoslavie ou encore en Afghanistan.

L'Armée de l'air a longtemps eu la responsabilité unique de l'arme nucléaire française : vecteurs pilotés Mirage IV ou missiles balistiques de la Base aérienne 200 Apt-Saint-Christol sur plateau d'Albion.

Elle fut également le berceau du parachutisme militaire français, avec la mise sur pied de l'infanterie de l'air dans les années 1930.


 

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