Les bombes

Le Bombardement

C'est durant la Première Guerre mondiale, qu'eurent lieu les premiers combats aériens. Parallèlement aux chasseurs, furent développés des avions dont le rôle était de « bombarder » les tranchées ennemies (en fait, au tout début, il ne s'agissait pas de bombardement tel que nous le concevons actuellement: les pilotes lançaient des briques, des grenades, des pierres… voire des boites de corned-beef à la main de leur avion).

Les bombardiers sont apparus juste avant la Première Guerre mondiale. Au départ, les bombes étaient simplement jetées par dessus bord par l'équipage, avec une précision forcément très limitée. Le bombardement "massif" commença à la fin de la guerre, avec des avions aux proportions gigantesques mais des charges "modestes", mais il ne fut jamais réellement mis en œuvre.

Juste avant la Seconde Guerre mondiale apparurent les bombardiers en piqué, qui apportaient une première solution au problème de précision. Lors de cette guerre, on vit également les premiers raids de bombardement massifs avec plusieurs centaines de bombardiers envoyés sur le même objectif (généralement une ville, ou une zone industrielle, pour les bombardements dits "stratégiques") causant des destructions considérables et faisant des milliers de victimes civiles. La fin de la guerre fut marquée par le premier bombardement nucléaire (Hiroshima/Nagasaki).

Le bombardement stratégique

Le bombardement stratégique a pour but d'attaquer les structures de commandement politique et militaire d'un ennemi, son complexe militaro-industriel et son économie en détruisant ses mines, ses usines, ses infrastructures voire ses villes.

Dès le début de la Première Guerre mondiale, les avions et les Zeppelins sont utilisés pour larguer des engins explosifs sur l'ennemi. Environ un an après apparaissent les premiers avions spécialisés dans le bombardement. C'est l'apparition du bombardement tactique dont le but est de frapper directement les troupes ennemies, les points forts ou les équipements généralement à une distance relativement courte de la ligne de front. Parfois, ils attaquaient systématiquement les ressources vitales de l'ennemi, ce fut le premier bombardement stratégique.

Les bombardiers stratégiques sont donc de gros avions à long rayon d'action tandis que les bombardiers tactiques sont plus petits. Les bombardiers stratégiques attaquent plutôt les cibles comme les centres de commandement, bâtiments administratifs, usines, les chemins de fer, les installations de communication ou bien encore les raffineries de pétrole ou les villes, et ont pour but de gêner ou d'empêcher les communications et les approvisionnements adverses, ou de saper le moral de la population ennemie, soutien indispensable de l'armée présente au front.

Le bombardement tactique attaque les concentrations de troupes, les aérodromes, les réserves de munitions, a pour but d'empêcher l'adversaire d'attaquer ou de se défendre, et fait directement partie des troupes combattantes. Mais la distinction ne tient ni vraiment dans le type de l'avion, ni dans la cible : le bombardement tactique veut détruire les forces armées de l'adversaire, le bombardement stratégique veut anéantir la structure économique d'un pays. Ainsi, par exemple, les armes nucléaires rentrent plutôt dans ce type de catégorie, dans sa forme ultime.

Le bombardement en piqué

Un bombardier en piqué est un bombardier qui attaque en piqué, c'est-à-dire en plongeant directement sur ses cibles, de façon à agir avec une plus grande précision et à contrecarrer l'efficacité de l'armement anti-aérien du camp adverse.

Cette technique s'inspire probablement de la technique de chasse du faucon. En plongeant quasiment à la verticale sur sa cible, dans le même axe d'orientation que celui qui sera emprunté par les bombes, l'avion largue les bombes tout près de la cible, à grande vitesse.

Les bombardiers en piqué peuvent ainsi effectuer avec une relative facilitée des bombardements très précis de cibles mobiles ou de petite taille, sans avoir besoin d'un système de visée/bombardement sophistiqué.

Certains avions étaient équipés d'un système automatique qui larguait la bombe et redressait l'appareil au bon moment, permettant de pallier une éventuelle perte de connaissance du pilote.

Cette technique de bombardement a été testée à la fin de la Première Guerre mondiale, mais les avions de l'époque étaient encore fragiles et supportaient mal les fortes contraintes structurelles provoquées lorsque l'avion redressait brusquement après avoir largué sa bombe. L'apparition des avions en construction métallique permis de développer les premiers véritables bombardiers en piqués, durant les années 1930.

Le bombardement en piqué fut très utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment par le Junkers JU 87 Stuka allemand qui reste le plus connu des avions de ce type, mais aussi lors des Campagnes du Pacifique tant par les américains que les japonais. Cette technique a été rendue obsolète par les progrès techniques : systèmes numériques de visée/bombardement plus sophistiqués, missiles air-sol, mais aussi amélioration de l'armement anti-aérien.

Exemples de bombardiers en piqué :

Junkers JU 87 Stuka

Aichi D3A Val

Yokosuka D4Y Judy

Douglas SBD Dauntless

Curtiss SB2C Helldiver

Les Avions d'attaque au sol

Un avion d'attaque au sol ou avion d'assaut est un avion militaire conçu pour attaquer des cibles au sol telles que des chars ou des troupes ennemies. Il opère à basse altitude pour appuyer l'infanterie engagée sur le terrain, contrairement aux bombardiers lourds qui attaquent des cibles plus stratégiques. Ce type de mission est appelé Close air support qui signifie "appui aérien rapproché".

Les avions d'attaque au sol sont apparus dès le début de la Seconde Guerre mondiale : le plus connu d'entre eux n'est autre que le Junkers JU 87 Stuka utilisé par les allemands, mais on peut citer également l’Iliouchine IL2 Sturmovik soviétique. À la fin de la guerre, les avions de chasse étaient capables de mener également des missions d'attaque, et ceux qui eurent le plus de succès furent le Focke-Wulf Fw 190 ainsi que le Hawker Typhoon.

Un bon avion d'attaque au sol doit être :

  • Manœuvrable, pour suivre le relief à basse altitude, s'orienter rapidement sur sa cible et esquiver les tirs adverses
  • Une plate-forme de tir stable, pour avoir de bonnes chances d'atteindre sa cible
  • Robuste, car il a de grandes chances d'être touché par la défense anti-aérienne ou les tirs venant du sol

Ses armes sont :

  • Un ou plusieurs canons embarqués
  • Des roquettes
  • Des bombes

Les Chasseur-bombardier

Un chasseur-bombardier est un avion multi rôle, capable d'attaquer des cibles terrestres à l'aide de ses armements air-sol, en plus de sa capacité au combat aérien proche de celle d'un avion de chasse.

Dès la Première Guerre mondiale, les avions de chasse assuraient également des missions de bombardement, en s'équipant de bombes très légères qui réduisaient néanmoins fortement leurs capacités au combat aérien, du fait de leur faible motorisation. Les avions de chasse construits pendant l'entre-guerre possédaient également des capacités d'emport de bombes, mais ces appareils n'étaient pas développés spécifiquement pour cette utilisation. Les faibles capacités de motorisation de l'époque tendent au contraire à optimiser chaque type d'appareil pour un rôle unique.

C'est essentiellement à partir de la Seconde Guerre mondiale que des appareils sont développés spécifiquement pour répondre au quadruple besoin de vitesse, de manœuvrabilité, de robustesse et de capacité d'emport suffisant pour mener des opérations d'attaque au sol, ou que des appareils de grandes qualités se révèlent des plateformes multi rôle permettant leur déclinaison en différentes versions plus adaptées à chaque tâche qui leur est assignée, à partir d'un modèle de base performant.

Les appareils les plus célèbres dans ce rôle sont le Focke-Wulf FW 190 allemand, le Hawker Typhoon et le Hawker Tempest, mais d'autres avions de chasse ont été utilisés dans ce rôle avec succès, comme certaines versions du Spitfire ou du North American P-51 Mustang, et des chasseurs vieillissants ou surclassés comme le Hawker Hurricane ou le Republic P47 Thunderbolt connurent une reconversion réussie comme chasseurs-bombardiers d'appui aérien rapproché. A contrario, le De Havilland DH98 Mosquito, initialement conçut comme un bombardier léger et rapide désarmé, révéla de bonne disposition en combat aérien, et sa version principale, la FB.VI, fut un chasseur-bombardier de qualité.

Leur technique de bombardement est similaire à celle des bombardiers en piqué, et ils assurent en temps que bombardiers légers des missions d'appui aérien rapproché des unités mobiles en pointe de l'attaque. Ils sont aussi utilisés pour l'attaque des cibles fixes comme des structures de défense fortifiées, des canons anti-aériens (la flak), mais aussi des rampes de lancement de missiles V1. Ils assurent également des missions de maraudeurs et de harcèlement, s'attaquant aux unités radars, aux aéroports, aux colonnes de blindés, de ravitaillement, d'infanteries, aux trains, etc…

Les différents types de bombes

Les Bombes incendiaires :

Les bombes incendiaires sont utilisées comme armes de guerre. Une utilisation massive permet de provoquer une tempête de feu (voir ci-dessous), un embrasement généralisé de l'air détruisant de larges surfaces, comme lors des bombardements stratégiques alliés de la Seconde Guerre mondiale en Allemagne et au Japon. Ce type d'arme est généralement fabriqué à base de napalm, thermite, trifluoride de chlorine, ou de phosphore blanc.

Les bombes incendiaires ont été utilisées en bombardement lors de la seconde guerre mondiale. La grande enveloppe de la bombe était remplie de petits incendiaires et destinée à s'ouvrir en altitude de manière à disperser les incendiaires pour couvrir une large zone. Une charge explosive initiait ensuite le matériau inflammable, créant souvent un feu de grande ampleur. Le feu ainsi créé brûlait à des températures extrêmement élevées qui pouvaient détruire la plupart des bâtiments faits de bois ou d'autres matériaux combustibles (les bâtiments faits de pierre résistent généralement à une destruction incendiaire sauf s'ils sont d'abord "ouverts" par des explosifs). Au départ, les bombes incendiaires furent crées dans le but de détruire les nombreuses industries militaires localisées de manière disparate (souvent intentionnellement) à proximité des villes dans le but d'éviter leur destruction par des bombardements traditionnels. Néanmoins, les destructions civiles causées par ce type d'armes leur apportèrent rapidement une réputation terrifiante (exemple : le Terrorflieger allemand) auprès des populations visées, et plus d'un bombardier abattu a vu son équipage abattu dès leur capture par des civils en colère. Le Bombardement de Dresde lors de la Seconde Guerre mondiale, et à un degré moindre le bombardement de Hambourg en 1943 et le Bombardement de Tōkyō restent aujourd'hui encore controversés (bien que dans le cas du dernier, la décentralisation voulue des sous-traitants de l'industrie militaire fut dévastatrice).

Tempête de feu:

« Une tempête de feu » c’est l’embrasement généralisé, provoqué par des bombardements massifs à l'aide de bombes incendiaires. Ce phénomène, connu sous le nom de « Feuersturm « ou tempête de feu dans le contexte militaire, eut lieu notamment lors des bombardements de Dresde et Hambourg en Allemagne, et de Tokyo et Kobe au Japon, lors de la Seconde Guerre mondiale.

Celle-ci est dû à des poussières en suspension qui retombent en vagues par convection et embrasent de vastes superficies, loin des foyers d'incendie. Il fallut la puissance des bombes alliées, bien plus efficaces que celles du Blitz de 1940, pour déclencher ces effets. Le traumatisme fut tel en Allemagne qu'il sert aujourd'hui d'argument aux néo-nazis pour soutenir la thèse, pourtant unanimement réfutée, d'un génocide programmé du peuple allemand, et pour nier les horreurs du Blitz.

Le Napalm :

Le Napalm, inventé en 1942, est une substance basée sur de l'essence. Il est habituellement utilisé comme bombe incendiaire. Sa formule est faite pour brûler à une température précise et coller aux objets et aux personnes. En 1980, son usage contre les populations civiles a été interdit par une convention des Nations unies.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, autant les Alliés que l'Allemagne utilisèrent l'essence comme une arme dans les lance-flammes mais elle avait le défaut de brûler trop vite pour être un dispositif incendiaire efficace.

Le napalm fut inventé à l'université Harvard en 1942 pour utilisation dans des bombes et les lance-flammes. La réaction chimique est modérée par une poudre de palmitate de sodium (d'où Na-Palm) ou d'aluminium, formant une substance semblable à du savon. La quantité relative de poudre change les propriétés incendiaires, et diffère entre les lance-flammes et les bombes.

Un gel aux propriétés incendiaires améliorées, le napalm-B, fut introduit pour rendre le napalm moins dangereux à manipuler et plus précis et contrôlable en brûlant. Le napalm-B ne contient aucun des éléments originaux duquel le nom est dérivé, mais utilise le benzène et le polystyrène pour solidifier l'essence. Il est reconnaissable à l'odeur particulière produite par sa combustion.

Le napalm fut utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale (pour la première fois par un P38 à Coutances). La première grande opération l'utilisant en Europe fut contre la ville de Royan. L'historien Howard Zinn, alors pilote de l'US Air Force, décrit dans ses mémoires les 1 200 bombardiers qui furent lancés dans la nuit du 13 au 14 avril 1945 sur cette dernière poche de résistance allemande et les bombes au napalm qui y furent employées. Le napalm fut aussi utilisé sur les villes allemandes.

Les Bombes à fragmentation :

Une bombe à fragmentation est une bombe aérienne qui explose avant d'atteindre sa cible ou à l'impact en libérant des milliers d'éclats qui se propagent à haute vitesse dans des directions aléatoires ou précises en fonction des effets désirés. Il s'agit d'une arme de conception simple peu chère à produire.

La charge explosive est limitée et ne constitue en général qu'un quart voire moins de la masse totale de la bombe. Le reste de l'engin, en particulier l'enveloppe, se divise en une multitude de projectiles meurtriers et incandescents. De construction simple et peu coûteuse, les bombes à fragmentation sont couramment employées depuis le début de l'aviation de bombardement.

Les Bombes rebondissante :

Une bombe rebondissante est une variété de grenade sous-marine qui fut utilisée durant la Seconde Guerre mondiale. Son invention est attribuée à Barnes Wallis de la Vickers-Armstrongs, une entreprise basée dans le Surrey. Le modèle de bombe rebondissante le plus célèbre est celui employé durant l'Opération Chastise, un raid mené par les Dambusters (les casseurs de barrages) qui s'attaquèrent aux retenues artificielles de la vallée de la Ruhr.

La Tallboy :

La Tallboy était une bombe inventée par Barnes Wallis utilisée par les alliés en 1944. Sa particularité était de pénétrer le sol avant d’exploser (idée de bombe souterraine). Elle pesait cinq tonnes et était lancée depuis les bombardiers Avro Lancaster. Elle était particulièrement performante sur les structures lourdes comme les blockhaus, là où toutes les bombes plus petites avaient échoué.

Les Bombes freinées :

Elle est équipée d'aérofreins afin d'assurer une chute la plus verticale possible quand elle est larguée. Cela permet notamment au bombardier de mettre un maximum de distance entre lui et le souffle de l'explosion, lorsqu'il effectue son largage à très basse altitude.

Les Bombes anti pistes :

Elle est destinée à rendre inutilisable une piste d'aérodrome. Pénétrant verticalement dans la piste, elle y explose avec retard, soulevant ainsi de larges plaques du revêtement de la piste. Les dégâts occasionnés sont alors plus longs à réparer qu'un simple cratère.

Les bombes thermobariques :

Les bombes thermobariques contiennent un réservoir de liquide volatil (ou une fine poudre explosive, ou de la poudre métallique) et deux charges explosives. Après le tir ou la mise à feu, la première explosion (ou un dispositif de dispersion quelconque) ouvre le réservoir à une hauteur déterminée et en disperse le contenu (le plus souvent un carburant, d'où le nom de Fuel-Air explosive) dans un nuage qui se mêle à l’air ambiant.

La deuxième charge explose ensuite, créant par la combustion de l’air une dépression. C’est la Wehrmacht qui est la première à les utiliser, de façon limitée, à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Les Bombes chimique :

Utilisé la première fois durant la première guerre mondiale, elle contient des substances chimiques (par exemple, napalm, tabun, sarin, ypérite...) destinées le plus souvent à s'attaquer aux personnes. Ces substances chimiques paralysent, brûlent, asphyxient, assourdissent ou aveuglent. Selon la nature de la substance, les personnes atteintes peuvent être diminuées le restant de leur vie ou mourir.

Ces bombes, utilisées de manière "artisanale" dès la grande guerre sont maintenant, pour des raisons de sécurité, composées de deux produits qui ne deviennent toxiques qu'une fois mélangés.

En 1940, pendant la Seconde guerre sino-japonaise, le Service aérien de l'armée impériale japonaise bombarda la ville de Ningbo avec des bombes en céramique contenant des puces porteuses de la peste. Selon Daniel Barenblatt (historien-écrivain), les princes Takahito Mikasa et Tsuneyoshi Takeda assistèrent à une projection spéciale donnée par Shiro Ishii, d'un film montrant ces bombardements.

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