L'attaque Taran

Le Taran est un terme aéronautique (du russe Таран, bélier) signifiant une victoire aérienne obtenue par un « abordage volontaire » en plein ciel.

L'attaque Taran est, sans aucun doute, la tactique de combat la plus désespérée et la plus radicale utilisée pendant la guerre aérienne en Europe lors du second conflit mondial.

Dès le 22 juin 1941, premier jour de l'opération Barbarossa, ce ne sont pas moins de quatorze avions allemands qui furent revendiqués comme détruits par abordage volontaire en vol. Une heure seulement après le début de l'offensive hitlérienne, le lieutenant I.I. Ivanov, du 46 IAP (ou 46e Régiment de chasse), ayant épuisé toutes ses munitions éperonna volontairement son appareil I-16 en le précipitant contre un bombardier Heinkel He 111, au-dessus du village de Doubno, en Ukraine ; il devait recevoir, à titre posthume l'étoile de Héros de l'Union soviétique, le 2 août 1941.

Durant la Seconde Guerre mondiale, plusieurs centaines de pilotes de chasse soviétiques abattirent, en vol, des avions ennemis, en précipitant dessus leur propre appareil, délibérément sacrifié. Cette méthode pour le moins suicidaire et impressionnante fut, contrairement à une opinion largement répandue, qui n'y voyait que la marque d'un héroïsme désespéré, une tactique généralement réfléchie et préméditée ; à preuve l'exemple de plusieurs As aériens qui l'employèrent à plusieurs reprises et y survécurent.

Il y a principalement quatre façons d'exécuter une attaque TARAN :

1) Attaquer à l'avion ennemi dans ses six heures, en s'approchant de ses surfaces de contrôle, au niveau du gouvernail de direction, afin de détruire ou d'endommager gravement celles-ci a l'aide des pales de l'hélice, provoquant la perte des capacités de vol et, par conséquent, la démolition de l'appareil ennemi.

2) À basse altitude, réussir à placer une aile sous l'aile de son adversaire et le propulser au moyen d'une impulsion pour lui faire perdre le contrôle et s'écraser.

3) Provoquer un impact avec le bord d'attaque de l'aile de son avion contre les fragiles surfaces de contrôle (ailerons, gouvernes de direction, gouvernes de profondeur) de l'avion ennemi en causant des dommages graves à ces dernières tandis que les dommages dans l’aile sont minimisés grâce à la forte structure du bord d'attaque. Quelques modèles du Polikarpov I-16 furent spécialement renforcés pour ce type d'attaque. 
Cette technique entraînait, évidemment, une faible probabilité de survie, bien que supérieure a celle du "Taranyy udar".

4) Le "Taranyy udar" ou l’abordage direct : Lancer directement son propre avion contre celui de l'ennemi, méthode utilisée en dernier recours quand l'avion russe ou le pilote lui-même avaient été atteint par l'ennemi, et que ce dernier ne voyait plus de possibilité de salut.

Au total, selon une étude soviétique publiée au cours des années 1980, l'on peut chiffrer le nombre de victoires aériennes remportées par taran à un peu plus de 500.

Parmi les plus célèbres pilotes ayant employé cette peu orthodoxe manière de combattre, l'on peut noter les pilotes suivants :

  • Lieutenant Boris Kobzan du 184.IAP : il est l'unique pilote au monde à avoir abattu quatre avions ennemis par abordage volontaire et d'avoir, à chaque fois survécu.
  • Capitaine Alexei Stepanovich Khlobystov du 147 IAP : il obtint trois victoires aériennes par taran.

Dix-huit autres pilotes soviétiques accomplirent au moins deux tarans, dont Boris Pirojkov.

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